Face aux évènements auxquels nous sommes confrontés, qu’ils soient communs ou exceptionnels, il nous est parfois difficile de limiter notre implication émotionnelle, voire personnelle. Nos valeurs et nos schémas éducatifs font résonner en nous divers sentiments et émotions qui nous éloignent de notre objectivité. L’évènement, alors, va avoir de l’emprise sur nous et nous prive de notre liberté de jugement et réactionnelle. Mettre la distance juste entre nous et les évènements semble être un exercice d’acrobate. On ne peut pas vraiment se détacher complètement de l’évènement au risque de ne plus pouvoir agir sur ce dernier, de ne plus pouvoir être en interactivité avec l’évènement en question. On ne peut pas non-plus se laisser absorber complètement par l’évènement au risque de perdre toute notion d’objectivité et d’inhiber nos facultés à trouver des solutions alternatives et des angles d’approches nouveaux.

Dans le contexte martial, la distance est à première vue une distance physique, alors que dans le contexte relationnel et social on parle d’une distance psychologique. Cependant, on retrouve dans la plupart des arts martiaux, un aspect sous-jacent à la notion de distance physique et qui est lié à l’attitude psychique.  La connaissance de soi et l’expérience permettent de se positionner à une distance dite juste, aussi bien dans l’espace que par l’attitude intérieure, juste à la frontière entre le détachement total et l’absorption complète, afin d’être à la fois acteur et spectateur de l’évènement.

Mon approche personnelle repose sur 3 points :

  • La maîtrise de la distance juste repose sur la maitrise de l’activité mentale : Dans la philosophie orientale, on compare l’esprit à un singe agité qui s’agrippe à tout ce qui se présente à lui. Il est de même avec votre mental. Chaque objet, son, odeur, sensation qui se présente à nous est agrippé par notre esprit. Plus l’esprit s’agrippe aux choses qui nous entourent, plus notre concentration sur les choses vraiment essentielles diminuent. Plus notre esprit est rempli de choses agrippés, moins nous avons de place pour accueillir de nouvelles choses. La distance juste nous permet de focaliser notre attention sur ce qui est vraiment important dans l’instant présent.
  • La maîtrise l’activité mentale passe par la maîtrise de son corps : Le mental seul ne conduit pas à l’expérience. L’expérience est un processus qui passe implicitement par le corps. Le corps est notre seule interface avec le monde qui nous entoure, c’est à travers le corps que les processus mentaux sont alimentés et c’est nos processus mentaux qui font mouvoir notre corps. Séparer le corps et l’esprit revient à aborder qu’une partie du processus d’apprentissage. Les chinois diraient que le Yin (le corps) est le support du Yang (l’esprit) et que le Yang nourrit le Yin. Le corps devient un outil pédagogique pour l’apprentissage de la maîtrise de l’activité mentale.
  • La maîtrise du corps et de l’esprit dépendent de l’attitude intérieure : L’attitude intérieure est une notion qui va au-delà du mental, on peut la comparer en quelque sorte notre signature, un alias unique qui nous distingue de tout autre être sur cette terre. Cette attitude intérieure est le reflet de notre état de conscience, avec nos forces, nos aspirations, nos idéaux, nos valeurs, nos faiblesses, nos peurs et angoisses. C’est en quelque sorte la partie inconsciente de notre être qui se manifeste à travers le corps. Cette attitude intérieure influence également le mental et conditionne de façon inconsciente la plupart de nos actes et réactions. Les chinois la nomment SHEN, l’ensemble des aspects psychologiques de l’être, que l’on peut percevoir dans les yeux et par le pouls.

 

J’ai mis au point une méthode d’apprentissage permettant d’aborder de façon ludique, ces concepts fondamentaux régissant les relations humaines, et cela en utilisant les principaux les canaux d’apprentissages (visuel, auditif et kinesthésique). Cette méthode vise un changement profond et l’acquisition d’un savoir-être.

« La distance juste, est le juste milieu entre le courage et la peur » (Maître Tamura )

Par Thierry Huss-Braun,

Coach professionnel, formateur en management et … artiste martial 🙂

 

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